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Même s’il ne fait pas partie des pays les plus homophobes au monde, l’Inde n’est pas exactement une contrée gay-friendly. En effet, il aura fallu attendre 2018 pour le deuxième pays le plus peuplé du monde (1,3 milliard d’habitants) voit l’homosexualité dépénalisée. Focus sur Bollywood.

 

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Cette ancienne colonie britannique était sous le joug d’un vieil article de loi datant de son ère coloniale. Même avec cet article 377 devenu caduque, le combat contre l’homophobie est très loin d’être gagné au pays de Gandhi. Le sujet reste en effet extrêmement sensible dans ce pays gouverné par les nationalistes Hindous très conservateurs.

La communauté LGBT Indienne a d’ailleurs fort à faire vis-à-vis de la population locale. En effet, près de 70% de la population considère les relations du même sexe comme une maladie mentale… Et pour faire évoluer les mentalités pour la reconnaissance des droits des gays, l’influence des arts et des artistes est primordiale.

 

Bollywood : au service de la communauté LGBTQ+ ?

Avec ses 1.300 millions d’habitants, l’Inde possède un marché intérieur phénoménal et les chiffres du cinéma sont édifiants. En effet, si Hollywood, côté Américain, produit chaque année près de 500 œuvres, ce sont 1600 films par an qui sont produits à Mumbai ! À l’instar de la Chine qui grâce à son marché intérieur fait jeu égal avec Huawei et Xiaomi face à Apple quand on parle de téléphonie mobile, la production Indienne tente de rivaliser avec l’hégémonie Américaine de Los Angeles.

Malgré tout, Bollywood a bien du mal à exister à l’international pour venir concurrencer les États-Unis. Il n’est donc pas chose aisée pour les producteurs et réalisateurs de prendre des risques, surtout pas lorsqu’on parle d’un sujet aussi controversé que l’homosexualité.

Jusqu’alors, les films n’évoquent que trop rarement les relations gays et lesbiennes. Car au moindre faux pas scénaristique, la catastrophe est proche.

En 1996, le film Fire avait tenté le coup en racontant l’histoire de la relation très suggérée entre deux femmes. Elles ne choisissaient pas d’embrasser leur attirance lesbienne, non, elles se retrouvaient ensemble à cause de leur mari odieux et trouvaient finalement refuge à cause des hommes. L’extrême-droite Hindoue ne l’avait pas entendu de cette oreille et n’avait pas hésité à incendier des cinémas britanniques pour protester avec ce début d’histoire dans le cinéma d’auteur Indien. Le film avait d’ailleurs dû repasser à la censure et au montage avant de pouvoir être diffuser à nouveau.

 

 

L’homosexualité à Bollywood, un passif lourd

Au vu de ces différents incidents et actes homophobes lors des dernières décennies, il n’est pas étonnant de voir que la production Indienne est frileuse à l’idée de réitérer l’expérience. Ainsi, les références aux couples homosexuels ont été assez discrètes pour ne pas se mettre à dos le public.

D’ailleurs, c’est souvent pour se moquer de la communauté LGBT que l’on insérait un personnage caricatural gay dans un scénario de Bollywood. Le processus était purement humoristique et on utilisait le ridicule pour railler encore un peu plus les homosexuels.

Pire encore, dans Heroism en 2012, le personnage principal devient lesbien car elle doit sombrer dans la décadence à cause de sa morale douteuse.

De l’autre côté de la caméra, les acteurs subissent également la pression dans le choix des rôles qu’ils choisissent d’interpréter à Bollywood. Et évidemment, un rôle homosexuel n’est pas spécialement un bon tremplin pour lancer sa carrière en Inde. Preuve en est avec un autre film, Kapoor & Sons, sorti en 2016. Pour jouer l’un des personnages secondaires, les producteurs ont dû chercher en dehors des frontières Indiennes pour parvenir à trouver une personne acceptant de jouer un rôle homosexuel pour leur film. Fawad Khan du Pakistan avait été engagé pour jouer le rôle.

 

 

 

Un film novateur pour le coming out lesbien de Bollywood

Ek Ladki Ko Dekha Toh Aisa Laga (« ce que j’ai ressenti lorsque j’ai vu cette fille ») est un film qui commence comme n’importe quelle production Bollywoodienne, à savoir un amour impossible et beaucoup de chants et de danses. Le titre d’ailleurs, qui est une référence à une chanson romantique d’un film de 1994 interprété par Anil Kapoor, ne laisse pas forcément présager autre chose qu’une relation hétérosexuelle somme toute banale.

 

 

Cependant, c’est la fille de Anil Kapoor, Sonam Kapoor qui est à l’affiche du film et c’est elle qui va prononcer cette fameuse phrase et non le personnage masculin du film.

Le scénario dévie bien vite des sentiers tracés habituels puisque Sonam va devoir avouer à son père son amour lesbien pour une autre femme et ça, c’est la grande nouveauté en Inde.

L’histoire est donc centrée sur la relation lesbienne entre deux femmes, sans intention maligne derrière le procédé. Le petit clin d’œil des acteurs père et fille permet de mesurer l’évolution Indienne entre le père et la fille, à 25 ans d’intervalle.

Le film est sorti le 1er septembre 2019, 6 mois après l’annulation de l’article 377 et deux semaines avant la date de la Saint-Valentin. Cette date est également importante puisque c’est le rendez-vous de tous les homophobes pour harceler et attaquer les couples homosexuels.

 

Ce coming out lesbien Indien est comme une bouffée d’oxygène pour la communauté LGBT.

Que ce soit les anonymes, les célébrités ou les politiques, tous doivent améliorer ce monde et prôner la bienveillance et l’acceptation d’autrui. Et si le combat contre l’homophobie est encore long et jonché d’embûches, le salut viendra par ce genre de petites victoires. Car comme le dit le père du personnage de Sonam Kapoor à la fin du film : « Finalement, tu es comme moi, toi aussi tu aimes les femmes ».

 

lina

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