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La question des seniors LGBTQ est un réel sujet de préoccupation : visibilité, lieux de vie communs, rencontres, …Comment bien vieillir quand on est LGBTQ ?

 

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Autant de questions qui méritent des réponses. On fait le point.

 

Trouver l’amour

Bien vieillir, c’est d’abord permettre aux LGBTQ de trouver l’amour. Et cela peut être une difficulté supplémentaire lorsque l’on appartient à la communauté gay.

Pas facile en effet d’avoir vécu la plus grande majorité de sa vie dans une société où l’homosexualité a toujours été considérée comme un trouble psychiatrique ou une déviance. Il aura fallu attendre en effet 1992 pour que l’OMS retire l’homosexualité de sa liste officielle des maladies mentales. Ceci explique en partie pourquoi les seniors gays ont du mal à faire des rencontres et se tiennent souvent à l’écart du milieu LGBT.

 

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En effet pour faire des rencontres, il faut se rendre dans des lieux qui y sont dédiés. Difficile alors pour les gens qui ne les fréquentent pas. La solution se trouve peut-être sur internet. Des sites spécialisés fleurissent comme par exemple RencontreSeniorEtGay.com qui se présente comme « la première application web de rencontre pour seniors homosexuels ». Comme sur tout site de rencontre, les seniors homosexuels pourront y créer leur profil et faire connaissance avec d’autres en quelques clics. Ce service est tout simplement pensé pour les ainés en étant simple et intuitif. De quoi faire des rencontres sérieuses. Ouvert à aux hommes et femmes, il est particulièrement utilisé en France, au Canada, en Belgique et en Suisse. Parfait si en plus vous aimez les voyages

 

La première maison de retraite LGBTQ

Mais bien vieillir, c’est aussi penser à ses vieux jours et pouvoir envisager sereinement de pouvoir intégrer un EHPAD dédié à la communauté LGBTQ. Ceci serait peut-être possible très prochainement en France puisque Stéphane Sauvé, ancien directeur d’Ehpad planche sur un projet de ce type à Paris.

 

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Pourquoi un lieu dédié ? Tout simplement parce que les discriminations dont font l’objet les personnes LGBTQ ne disparaissent pas avec l’âge. Bien au contraire. Avec l’âge, les personnes peuvent parfois être moins tolérantes et les maisons de retraite se transforment en de vraies “cours de récréation”. Le schéma de la discrimination se répète ainsi car, une fois installées dans l’établissement, les moqueries deviennent de nouveau monnaie courante, poussant parfois les ainés LGBTQ à “rentrer dans le placard”, c’est-à-dire cacher leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Par sa qualité d’ancien directeur d’EHPAD, Stéphane Sauveur en a souvent été témoin. Il raconte :

Un monsieur avait mis la photo de son conjoint dans sa chambre. Lorsqu’une aide-soignante lui a demandé qui était la personne sur la photo, il s’est figé. Il a répondu que c’était son cousin. Deux jours plus tard, la photo avait disparu.

 

Appartement participatif

C’est en partant du même constat que l’association Grey Pride se propose de réfléchir et de proposer des solutions alternatives afin de permettre aux LGBT de passer leurs vieux jours dans des établissements bienveillants. C’est ainsi qu’elle a organisé un colloque sur le thème «Vieillir sans tabou», avec une volonté affichée de ne pas fuir les problèmes à venir.

«Vieillir dans notre société devient quelque chose d’indicible, d’inmontrable, a détaillé Francis Carrier, organisateur du colloque. On réduit la plupart du temps la vieillesse à des aspects techniques et financiers. Combien d’Ehpad ? Quel coût pour l’autonomie ? Combien de salariés ? Mais rien sur le regard que porte notre société sur la vieillesse et sur la place des vieux et des vieilles dans le tissu social.»

Devant le peu d’initiatives de lieux de vie pour les ainés LGBTQ, l’association travaille de son côté sur un projet d’appartement participatif à Paris. Avec l’aide la mairie, un premier projet d’habitat collectif s’est mis en place à destination de 5 personnes gays. «J’ai vécu vingt-sept ans avec Patrick», raconte l’un des futurs habitants, Habib.

«C’est toujours long, très long à mettre en place, entre quatre et dix ans, a précisé une spécialiste du logement inclusif. On a rédigé une charte où l’on se posait toutes les questions. Là, nous ne sommes que des célibataires, mais que se passera-t-il si l’un se met à vivre en couple dans l’appartement ? Le but était de s’inscrire dans le temps, y vivre le plus longtemps possible.»

 

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Pour eux, ce projet s’inscrit à l’opposé du modèle de l’EHPAD.

«Les réseaux familiaux se sont effondrés, restent les réseaux affinitaires. C’est sur eux qu’il faut construire nos dernières années, insiste Francis Carrier. On croit que rester chez soi est la solution. Mais bien souvent, le chez soi devient une prison quand on n’arrive plus trop à se déplacer. Puis il devient une porte ouverte quand vont et viennent les personnescensées s’occuper de vous. Il y a autre chose à inventer.»

 

Maison de la diversité

L’association Rainbold Society développe un projet de Maison de la Diversité pour seniors LGBT autonomes ou faiblement dépendants. C’est un concept de résidences services pour seniors qui s’articule autour de 5 fondamentaux : un habitat collectif d’une trentaine de logements proposés à la location, au sein duquel les résidentes et résidents seront acteurs de leur modèle de vie.

Il y a surtout une dimension participative essentielle dans ce concept. La santé est également prise en compte avec par exemple des services de télémédecine ou des services de soins à la personne par le biais de cabinets infirmiers libéraux. Cette maison se veut également un lieu de vie multi-générationnel car il acceptera également les non-retraités ainsi que des étudiants.

 

 

Pour entretenir le lien social ainsi que la qualité de vie, toute une palette de services seront proposés aux résidents ainsi qu’aux associations et seniors du quartier. Enfin, l’inclusivité tiendra une place prépondérante puisque la maison sera hétéro-friendly, c’est à dire ouverte à toutes et à tous, quelle que soit son orientation sexuelle et / ou son identité de genre. En résumé, le projet Rainbold Society c’est la possibilité de bien vieillir chez soi, mais pas tout seul !

 

De la visibilité des seniors LGBTQ

L’association Grey Pride s’est donnée pour mission de rendre les seniors gays plus visibles dans la société. Elle est donc à l’origine de plusieurs campagnes de sensibilisation comme celle appelée #revolutiongreypride, qui était visible en septembre dernier. Une série d’affiches drôles et colorées visant à faire sortir les seniors LGBT de l’invisibilité et à faire changer les regards. Il s’agit de “changer notre perception des seniors et de leur sexualité. La sexualité n’est pas réservée qu’aux jeunes ; elle est présente tout au long de notre vie. Nous devons pouvoir exprimer notre désir d’aimer et d’être aimée jusqu’au dernier jour de notre vie“, indique le collectif.

 

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lina

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